Investissement-projets: Le gouvernement défavorable à une loi

Incité à légiférer sur les projets d'investissements, le gouvernement met en avant le risque pour l'attractivité de l'Algérie.
Malgré les pressions internationales et les mises en garde du président dans le dossier des privatisations, le gouvernement n'est pas favorable à une loi sur les projets d'investissements accordés aux investisseurs qui n'apportent pas de la valeur ajoutée sur le plan des emplois.

Plusieurs voix se sont élevées pour mettre en garde contre le risque de briser la dynamique d'investissements en Algérie après le discours du président et l'application de la nouvelle taxe imposée aux investisseurs. Selon une source du gouvernement qui souligne qu'en général, les entreprises qui signent une convention d'investissement en Algérie, avec une collectivité locale ou avec l'État, s'engagent à s'investir réellement en introduisant de l'argent et les moyens nécessaires. L'État algérien peut aider ces investisseurs par l'octroi des terrains vendus pour un prix abordable, des exonérations fiscales et même des crédits d'impôts.

Le dernier discours du président Bouteflika, et l'émotion qu'il a suscité au plus haut niveau, tombe mal pour le gouvernement, contraint de revoir sa copie, momentanément, sur ses projets d'investissements destinés à accroître l'attractivité de l'Algérie

Algérie: durcissement des conditions d'investissements étrangers

L'Algérie a durci les conditions d'investissement étranger en décidant de détenir la majorité du capital dans les futurs partenariats, selon un communiqué du gouvernement rendu public dimanche.

"Le gouvernement a notifié aux différentes administrations concernées (par l'octroi des autorisations aux investisseurs) qu'à l'avenir, l'Algérie entend détenir la majorité du capital dans les projets d'investissement impliquant des capitaux étrangers", selon ce communiqué.

Une forte polémique avait suivi l'association minoritaire à 30% des entreprises publiques d'hydrocarbure Sonatrach et d'électricité Sonelgaz avec le consortium émirati, Moubadala et Dubal, dans une usine d'aluminium d'une capacité de 700.000 tonnes/an à Bénif Saf (ouest).

Il y a deux ans, l'Algérie était déjà revenu sur un amendement de la loi sur les hydrocarbures ouvrant la possibilité aux étrangers de créer des sociétés pétrolières indépendantes, en obligeant Sonatrach a prendre au moins 51% ces partenariats dans l'exploration, la production et le transport.

La décision concernant la détention de la majorité du capital suit de quelques jours une nouvelle disposition de la loi de finances complémentaire pour l'année 2008, exigeant des sociétés nationales et étrangères de réinvestir en Algérie la part de leurs bénéfices exonérés d'impôts.

En août 2007, l'Algérie avait décidé de taxer les profits pétroliers lorsque le baril dépasse 30 dollars sur le marché international.

Le gouvernement a par ailleurs décidé de s'octroyer un droit de préemption sur la cession à d'autre groupes étrangers d'entreprises installées en Algérie.

Cette décision suit une polémique survenue au lendemain de la vente par le groupe égyptien Orascom au français Lafarge de deux de ses cimenteries algériennes à Sig et M'Sila, dans le cadre d'un package de plus de 10 milliards de dollars englobant la totalité de sa filière ciment à travers le monde.

Orascom, qui est aussi premier opérateur de téléphonie mobile en Algérie (14 millions d'abonnés) avait bénéficié de conditions fiscales avantageuses pour la construction de ces cimenteries, finalement revendues quatre ou cinq fois leur prix de revient, selon des journaux algériens.

Le président Abdelaziz Bouteflika a critiqué fin juillet publiquement cette transaction devant des élus locaux.

Les autorités ont enfin décidé de ne plus vendre des terrains industriels publics aux investisseurs. Ces derniers pourront seulement obtenir de l'Etat des concessions renouvelables pour installer leurs projets.

Un premier texte avait prévu que ces concessions pourraient être rachetées par les investisseurs au bout de deux ans d'activité.

Une nouvelle législation doit être promulguée instaurant un régime de "concession permanente" des terrains publics industriels en faveur des investisseurs nationaux et étrangers, selon le communiqué officiel.

"Le but (de la nouvelle législation) est de mettre un terme au détournement du foncier acquis pour l'investissement et qui se retrouve détourné à des fins purement spéculatives", notamment en lotissements constructibles, ajoute le communiqué. L'accès aux terrains industriels est l'un des principaux freins à l'investissement en Algérie.

Selon Abdelkrim Mansouri, directeur de l'Agence nationale algérienne du développement de l'investissement (ANDI), un peu plus du tiers (35%) des projets hors hydrocarbures annoncés en Algérie entre 2002 et 2007 sont entrés en activité, pour un montant total de 20 milliards de dollars sur 50 milliards USD déclaré.


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Bouteflika arrivé en Iran pour une visite d'Etat de deux jours

TEHERAN - Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est arrivé dimanche à Téhéran pour une visite d'Etat commençant officiellement lundi et prévue pour durer deux jours, a annoncé l'agence iranienne Irna.

Elle répond à celle qu'avait effectuée son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad en Algérie en août 2007.

La présidence algérienne avait expliqué mercredi que ce déplacement "s'inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale et de la concertation entre les deux pays sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun".

Des accords douaniers et sur les régimes fiscaux vont être signés à cette occasion, a dit l'ambassadeur iranien en Algérie, Hossein Abdi Abyaneh, dans une interview au quotidien gouvernemental iranien Iran, publiée dimanche.

M. Bouteflika, qui s'est déjà rendu à Téhéran en octobre 2003, doit rencontrer, outre M. Ahmadinejad, le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei et le président du Parlement Ali Larijani.

Le président algérien est accompagné par ses ministres des Affaires étrangères, de l'Energie, de l'Education, du Logement et de la Santé, selon les médias iraniens.

Alger et Téhéran ont signé en juillet un contrat de 220 millions d'euros pour la construction d'une cimenterie en Algérie, et un accord portant sur la réalisation d'une unité de fabrication de wagons dans la région de Annaba (est).

Le volume des échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Iran reste modeste. Estimé à 25 millions de dollars en 2007, il devrait atteindre 50 millions de dollars à la fin 2008, selon le président de la Chambre algérienne du commerce et de l'industrie (CACI) Brahim Bendjaber.

M. Abyaneh a laissé entendre que les deux pays pourraient aussi discuter du projet d'un cartel des pays exportateurs de gaz, sur le modèle de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

"Des délégations d'experts de pays disposant de réserves de gaz comme l'Iran, l'Algérie, la Russie, le Qatar, le Nigéria et l'Egypte ont discuté de la question de former une Opep du gaz", a dit l'ambassadeur.

Le président russe Dmitri Medvedev avait fait état le mois dernier de "différentes propositions pour discuter de la création d'une telle organisation".

De nombreux experts du secteur ont mis en doute la viabilité pour le gaz d'un modèle de cartel similaire à celui des exportateurs de pétrole.

Notamment parce que l'exportation de gaz s'effectue encore par le biais de contrats entre un producteur et consommateur sur une très longue période.

L'Algérie avait rompu ses relations avec l'Iran en 1993 à cause du soutien supposé de Téhéran au groupe du Front islamique de salut algérien, en conflit avec le pouvoir. Ces relations ont été rétablies en 2000.

En 2006, le président Ahmadinejad a proposé l'aide de l'Iran à l'Algérie dans le nucléaire civil, à l'occasion d'une visite du ministre de l'Energie algérien Shakib Khalil.

L'Algérie, un membre influent du mouvement des non-alignés, soutient le programme nucléaire iranien, qui vaut à Téhéran des sanctions de l'ONU à cause des interrogations sur sa nature.
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